Une loi se prépare. Elle promet une liberté ; elle installe une logique. Voici ce qui se joue vraiment derrière les mots apaisés du débat — et pourquoi nous disons non.
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Donner la mort reste un homicide, quelle que soit la compassion qui l'habille. L'interdit de tuer n'est pas une règle parmi d'autres : il structure toute la civilisation. Le franchir, même au nom du soulagement, fait basculer le sens même du soin.
« Je ne provoquerai jamais la mort délibérément » : c'est l'engagement du serment d'Hippocrate. Provoquer la mort contredit frontalement la vocation du soignant. On ne nous a pas formés pour donner la mort, mais pour la repousser et pour soulager. Faire du soignant l'agent de la mort, c'est renier ce qui fonde notre métier.
Les soins palliatifs existent précisément pour que nous puissions accomplir notre vocation dans ce drame qu'est la fin de vie. Et le constat de terrain est sans appel : en unité de soins palliatifs, les demandes d'euthanasie sont rares — 3 % des patients — et la quasi-totalité s'éteignent avec une prise en charge adaptée. Les demandes maintenues jusqu'au bout ne concernent que 0,3 % des patients, soit moins de 3 sur 1 000. Encore faut-il donner accès à ces soins : la France y investit notoirement trop peu.
Étude Jeanne Garnier — BMC Palliative Care, 2014« Strictement encadrée » au départ, puis les critères tombent : troubles psychiatriques, handicap, mineurs, motifs sociaux. Le garde-fou d'aujourd'hui devient l'exception de demain. Aucun pays ayant légalisé n'a tenu sa promesse initiale, et les chiffres officiels le documentent.
Données Pays-Bas · Belgique · Canada à insérerQuand mourir devient une option « offerte », les plus fragiles se sentent un fardeau — et finissent par l'accepter. Une liberté affichée qui pèse comme une attente sur les épaules des faibles : c'est une coercition silencieuse.
Demander la mort n'est presque jamais stable. Derrière la demande : dépression non traitée, douleur mal soulagée, solitude. Soulagez la souffrance, et elle s'éteint. Le droit le sait : il punit déjà l'abus de faiblesse et interdit à un soignant de recevoir un legs de la personne qu'il accompagne — il protège les vulnérables des pressions, au lieu de les y exposer.
C. pén. art. 223-15-2 · C. civ. art. 909Le texte contraindrait des établissements et des équipes de soin à organiser un acte qu'ils tiennent pour un meurtre. C'est une atteinte frontale à la liberté de conscience des soignants comme des institutions.
Légaliser envoie un signal : certaines existences vaudraient moins. Le suicide assisté cesse d'être un drame pour devenir une « option normale » — et reconfigure en silence notre regard sur la vieillesse et le handicap.
Pionnier de la légalisation. Le périmètre s'est étendu depuis aux souffrances psychiatriques, avec un débat ouvert sur les personnes âgées « fatiguées de vivre ».
Légalisée la même année. En 2014, le pays supprime toute limite d'âge : l'euthanasie devient accessible aux mineurs, sous conditions.
« Aide médicale à mourir » récente. Dès 2021, le critère de mort « raisonnablement prévisible » saute ; l'extension aux troubles mentaux est en débat.
Nous sommes un collectif de soignants déterminés. Au chevet des malades comme dans le débat public, nous refusons que des logiques économiques bradent notre humanité.
Infirmiers, médecins, aides-soignants, accompagnants en soins palliatifs : nous voyons chaque jour ce que vaut une présence, un soulagement, une main tenue jusqu'au bout. Une vie ne se mesure pas à ce qu'elle coûte. Ce sont les soignants eux-mêmes qui se lèvent ici — et tant qu'on voudra réduire des personnes fragiles à une ligne de bilan, nous serons là pour dire non.
Chaque point est une soignante, un soignant qui refuse de faire de la mort un soin. Ajoutez le vôtre : la carte s'allume, ville après ville.
Vous êtes soignant ? Ajoutez votre ville et votre profession : un point de plus sur la carte, une voix de plus contre la banalisation de la mort administrée.
Et si on regardait cette loi avec les yeux d'un gestionnaire ? Glissez le curseur sur l'âge auquel une personne « partirait » — et voyez ce qu'elle ferait « économiser » à l'État. C'est glaçant. C'est exactement le raisonnement que nous refusons.
Le jour où mourir « rapporte », vivre devient un coût à justifier. Voilà la pente que cette loi installe en silence.
coût moyen de la dernière année de vie en France — dont 44 % concentrés sur les 3 derniers mois.
des remboursements de l'Assurance maladie sont absorbés par la fin de vie.
C'est exiger mieux. Tout existe déjà pour ne mourir ni dans la douleur ni dans la solitude. Il manque la volonté de le financer.
Une médecine qui accompagne, soulage et apaise jusqu'au bout — au lieu d'abréger. Il faut les financer et les rendre accessibles partout.
La loi permet déjà d'arrêter un traitement déraisonnable et d'endormir la souffrance réfractaire. L'arsenal contre l'agonie existe.
Présence, écoute, lien. La peur de mourir seul est souvent plus forte que la douleur. La réponse, c'est la fraternité — pas la seringue.
Signez, partagez, interpellez vos députés. Chaque voix repousse la banalisation de la mort administrée.
Chaque raison de refuser cette loi est développée en profondeur. Faites défiler et ouvrez l'article qui vous intéresse.
Donner la mort reste un homicide, quelle que soit la compassion qui l'habille — un interdit qui structure toute la civilisation.
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